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À vous qui passez par là...

Chères lectrices, chers lecteurs,

Jeune Jean trop ambitieux
Le président de la République française a reconnu avoir commis une erreur en laissant son fils Jean, 23 ans, présenter sa candidature à la présidence de l’établissement public qui gère le plus gros quartier d’affaires du pays, celui de la Défense. La jeunesse et l’absence de diplôme de Jean Sarkozy ont été immédiatement assimilées à une indiscutable incompétence dont il ne pourra pas faire la preuve puisqu’il s’est retiré de la course. Mais il ne pourra pas non plus démontrer que jeunesse et absence de diplôme n’empêchent pas d’avoir du talent et d’être compétent. C’est dur d’être un « un fils à papa ». Le jeune Alcibiade, ami de Socrate et « fils à papa » en faisait déjà les frais à son époque, sous la plume du poète Archippus :  
Voyez de ce garçon la démarche indolente ; Voyez flotter les plis de sa robe traînante ; A son père il se pique en tout de ressembler, Il est son portrait, sa plus fidèle image, Et, sur le moindre point cherchant à l’égaler, Il allonge le cou, contrefait son langage.

Roman noir
On ne peut pas accuser Roman Polanski d’inconstance dans son goût pour la jeunesse. Il a 53 ans, lorsqu’il rencontre Emmanuelle Seigner de 33 ans sa cadette, dix ans après avoir été accusé de « relations sexuelles illégales » en 1977. Sa jeune victime, Samantha Geimer,13 ans, n’a que 31 ans de moins que lui. Trop jeune pour lui dire non, elle décide de tourner le dos à son passé en 1995 et demande l’abandon des poursuites contre Polanski. Depuis, elle a réitéré trois fois sa demande à la justice américaine. Décidément, personne ne veut l’écouter. Même aux USA, les vieux passent avant les jeunes ! 

La gambille des yéyé
Cet automne une vague de nostalgie pour la jeunesse des années yéyé, a emporté la France. On a pu lire dans le Figaroscope du 9 septembre dernier : « En ce temps-là, le début des délicieuses années 1960, la France ne s'ennuyait pas encore… Elle était douce aux enfants du « baby-boom »... ». Mais oui, c’était si doux la guerre d’Algérie. C’est encore de la douceur que nous retrouvons dans les films de la Nouvelle Vague : La jetée, A bout de souffle, Les quatre cents coups... N’oublions pas la star de la chanson française de l’époque, un jeune homme tout doux : Johnny Hallyday. Admirons l’archétype du Blouson Noir, son mode de vie feutré, délicieusement aimable, assis sur la selle moelleuse de sa bécane. Il n’y a donc que Charles Trenet qui s’en soit rendu compte en 1963, lorsqu’il chantait Douce France ? Zut, c’est l’entre-deux guerres qui le fait vibrer d’émotion. Quand on aura fini d’idolâtrer la jeunesse des années soixante, on portera aux nues celle des Golden boys et des Traders. Vous verrez, on dira qu’ils auront eu le courage de libérer la société de consommation du poids de l’argent...

Anne Devaux, rédactrice en chef